الانتفاضة
Réunie le 17 octobre 2025, la Fédération Marocaine des Éditeurs de Journaux (FMEJ) a exprimé sa profonde indignation face à la persistance du gouvernement à ignorer les avis des institutions de gouvernance. Le Bureau exécutif fustige notamment la décision de maintenir le projet de loi sur la réorganisation du Conseil National de la Presse (CNP), malgré les réserves émises par les acteurs du secteur.
La FMEJ réitère, avec beaucoup d’indignation et de regret, la persistance du gouvernement et de son ministre de tutelle dans l’entêtement et la fuite en avant, leur insistance à maintenir le projet de loi relatif à la réorganisation du CNP et à reprendre son examen à la Chambre des conseillers.
Le bureau exécutif de la Fédération Marocaine des Editeurs de Journaux (FMEJ) a tenu, le vendredi 17 octobre 2025, sa réunion ordinaire périodique au cours de laquelle il a examiné les différentes questions relatives au secteur de la presse, les dernières décisions gouvernementales y afférentes, la situation des entreprises de presse, ainsi que les tâches organisationnelles programmées.
À l’issue de discussions approfondies et empreintes de sérieux entre les membres du bureau exécutif, après avoir passé en revue l’ensemble de la situation du secteur, rappelé toutes les initiatives, activités et prises de position de la FMEJ et réaffirmé l’attachement à celles-ci, la réunion est parvenue aux conclusions suivantes :
- La FMEJ attire l’attention sur le fait que, conformément à l’article 2 de la loi n° 15-23 portant création de la commission provisoire chargée de la gestion des affaires du secteur de la presse et de l’édition, la durée de nomination et de mandat de ladite commission a été fixée à deux ans à compter de la date de nomination de ses membres. Sur cette base, la commission a épuisé, durant la première semaine d’octobre 2025, ses deux années de durée légale. En conséquence, la poursuite par cette commission de l’exécution de ses missions (signature de décisions, réalisation d’opérations financières, envoi de correspondances, tenue de réunions, organisation de conférences et autres activités liées à l’autorégulation de la profession de la presse et de l’édition) constituent une violation de la lettre et de l’esprit de la loi, ainsi qu’une atteinte à l’ensemble des règles, usages, traditions et dispositions de la Constitution.
Étant donné que le gouvernement est l’autorité qui a nommé cette commission provisoire, il porte aujourd’hui la responsabilité de cette violation flagrante de la loi et du vide qui en résulte. Il lui incombe d’intervenir pour faire appliquer la loi et respecter les textes en vigueur dans le Royaume, et d’annoncer l’arrêt du travail de sa commission provisoire à l’expiration de son mandat. Il doit, en outre, trouver la solution juridique appropriée pour combler ce vide, mettre en place le mécanisme de renouvellement de la composition du Conseil National de la Presse (CNP) et celui de renouvellement des cartes professionnelles.
La Fédération adhère aux initiatives de plaidoyer et d’alerte récemment engagées par les organisations professionnelles pour exiger la cessation de cette transgression de la loi, et renouvelle sa demande au Chef du gouvernement, à son ministre de tutelle et aux présidents des deux Chambres du Parlement d’intervenir afin d’imposer le respect de la loi, de sa primauté et de son autorité. La FMEJ ne peut, par ailleurs, que participer aux différentes protestations et aux initiatives de plaidoyer et de refus de ces dépassements juridiques, et que les soutenir et les approuver.
- La FMEJ réitère, avec beaucoup d’indignation et de regret, la persistance du gouvernement et de son ministre de tutelle dans l’entêtement et la fuite en avant, leur insistance à maintenir le projet de loi relatif à la réorganisation du CNP et à reprendre son examen à la Chambre des conseillers. Et ce en dépit des critiques de fond formulées dans l’avis consultatif récemment rendu par le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), ainsi qu’auparavant dans l’avis du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), auxquels le gouvernement n’a accordé aucune considération ni respect. À cela s’ajoute le rejet massif par la profession et la société de ce sinistre projet gouvernemental régressif, exprimé par les positions de la majorité des organisations professionnelles, des instances des journalistes et des éditeurs, de dizaines d’organisations de la société civile, d’associations de défense des droits humains, des centrales syndicales et de cinq anciens ministres de la Communication.
Par cet entêtement incompréhensible, le gouvernement assène, au moyen dudit projet de loi, un coup dur à l’image démocratique et en matière de droits humains du Royaume, et place le pays dans un embarras international inutile au regard de ses engagements en droits humainsncés dans le cadre de l’Examen périodique universel. - Parallèlement à l’obstination du gouvernement à faire passer son plan législatif arbitraire et régressif, la Fédération relève également la confusion du ministère dans la gestion des problématiques du soutien public aux entreprises de presse et d’édition, son incapacité à trouver des solutions et une issue, y compris à certaines difficultés techniques et administratives simples, les retards récurrents dans le versement de l’aide forfaitaire, ainsi que le maintien de l’ensemble de ce dispositif sous le régime exceptionnel de la période de la pandémie sans aucun changement. Ce qui prive des dizaines d’entreprises émergentes, petites et régionales, de l’accès au système de soutien public, consacrant ainsi la discrimination et l’absence d’équité et de justice. Cette situation résulte de la rigidité de la réflexion du ministère, de son incapacité à faire preuve d’initiative et de sa dépendance à l’égard des intérêts, calculs et pressions de lobbies bien connus gravitant autour du ministère et du ministre.
Et même lorsque le ministère et le gouvernement ont publié de nouveaux textes relatifs au soutien public, sur lesquels la Fédération avait formulé en temps utile ses observations, ils les ont laissés lettre morte et n’ont pas réussi, jusqu’à présent, à les mettre en œuvre. Ces textes n’échappent d’ailleurs pas à des dispositions consacrant l’arbitraire, l’hégémonie et la situation de monopole. Ce qui apparaît de façon flagrante dans le volet relatif, par exemple, au soutien aux imprimeries de journaux, dans les difficultés persistantes des entreprises de la presse écrite à recouvrer l’intégralité de leurs créances, pourtant modestes, auprès de l’unique société de distribution, ainsi que dans les dispositions touchant la presse électronique et régionale. - En lien avec les problèmes du soutien public à la presse, à l’édition, à la distribution et à l’impression, le ministère persiste à prendre des décisions de manière unilatérale en ne consultant que ceux qui l’approuvent sans émettre ni critique ni même une remarque. Ses décisions se trouvent ainsi éloignées de la situation réelle et concrète du secteur telle qu’elle est sur le terrain. Il ne s’efforce pas, non plus, de trouver d’autres ressources pour développer les capacités financières des entreprises du secteur, particulièrement dans les régions, ni à améliorer l’environnement économique incitatif des entreprises, petites, moyennes et régionales. Il laisse ainsi ces entreprises affronter seules les défis, comme c’est le cas pour les entreprises de presse dans les trois régions du Sahara, dans la région de l’Oriental et dans les autres régions (Drâa-Tafilalet, Béni Mellal, Souss, Marrakech, Fès-Meknès, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma), sans leur apporter aucune aide ni accompagnement, y compris lorsque les tensions surgissent et que les difficultés s’aggravent.
- A la lumière e ce qui précède, la FMEJ renouvelle son appel au gouvernement et à son Chef, aux présidents des régions, aux autorités territoriales publiques et aux acteurs économiques, à prendre en considération l’importance et les rôles des entreprises de presse régionales, professionnelles et sérieuses, et à réfléchir à l’élaboration de plans participatifs afin de leur fournir un appui régional approprié, selon des principes et des mécanismes visant la réalisation d’un développement régional global et à faire de la presse professionnelle crédible un partenaire actif, sans discrimination, ni arbitraire.
La Fédération, qui dispose de sections régionales et de représentations dans toutes les régions du Royaume, exprime sa disponibilité à contribuer à la réussite de ce chantier important, comme elle l’a fait depuis des années dans le cadre de son partenariat actif et productif avec les gouvernements précédents et les autorités publiques au niveau régional.
- La Fédération regrette que le ministère ait manqué l’occasion de faire des Assises de la publicité qu’il a organisées une véritable plateforme de dialogue interactif et sérieux entre, d’une part, les annonceurs, les acteurs économiques et les autorités, et, d’autre part, les entreprises de presse et leurs organisations représentatives, et ce pour qu’une telle rencontre atteigne son objectif et ne soit pas un simple amplificateur d’une seule voix, avec une lecture unique des problèmes du secteur et de solutions unilatérales et hégémoniques, celle du ministre.
- En lien avec les derniers développements juridiques que connaît le secteur, la FMEJ salue l’importance des recommandations contenues dans l’avis consultatif du CESE, ainsi que celles figurant dans l’avis du CNDH. Elle regrette que le gouvernement n’en ait tenu aucun compte, qu’il n’ait pas envisagé une concertation préalable avec ces deux institutions constitutionnelles, et qu’il ait préféré ignorer leurs critiques et observations, dans un mépris manifeste du rôle des institutions de gouvernance dont l’importance est consacrée par la Constitution et dont les membres sont nommés par Sa Majesté le Roi.
- La Fédération prend également note de l’ouverture des deux Conseils précités aux organisations professionnelles, dont la FMEJ, par la tenue de séances d’audition à leur intention, démarche également entreprise par la Commission de l’éducation, des affaires culturelles et sociales à la Chambre des conseillers. Malheureusement, seuls le gouvernement et son ministre de tutelle n’ont vu aucune nécessité de faire preuve d’ouverture sur les organisations professionnelles et de les écouter. Bien que le gouvernement soit à l’initiative du projet législatif, il a tenu à soumettre son plan sans aucune concertation préalable avec les organisations professionnelles dotées d’une réelle représentativité.
- Dans le cadre de son suivi du secteur, la FMEJ a constaté une nouvelle manœuvre visant l’accréditation des journalistes pour couvrir les manifestations sportives continentales organisées dans notre pays, à l’instar de la Coupe d’Afrique des Nations de football. Or, cette opération a toujours été réalisée via les mécanismes de l’instance organisatrice elle-même, à savoir la Confédération Africaine de Football (CAF), via ses plateformes électroniques, en coordination avec la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), en tant que membre de la CAF. Mais cette fois, une intervention étrange a été orchestrée par une association récemment créée, sans que l’on en sache les justifications, ni les fondements juridiques, ni la nature des parties occultes ayant facilité cette intervention et les raisons de son irruption. Ce qui a provoqué une confusion manifeste dans cette opération, ainsi qu’un climat d’inquiétude et d’étonnement parmi les journalistes concernés et les entreprises qui les emploient.
À cet égard, la Fédération soutient les initiatives et positions des associations de la presse sportive qui ont critiqué cette intervention inopportune. Elle se tient prête à contribuer au renforcement de l’encadrement professionnel de la presse sportive dans notre pays et à la consolidation de la transparence dans la gestion de ses affaires. Elle rejette toute discrimination dans le dossier des accréditations des journalistes pour la couverture des manifestations internationales organisées dans notre pays, demande de mettre fin au mépris à l’égard des associations de la presse sportive, d’être à l’écoute de celles-ci et de reconnaître les efforts, réalisations et parcours des collègues pionniers dans ce domaine, afin de tirer profit de leurs expériences pour la mise à niveau de ce secteur, à même de contribuer à la réussite des grands projets sportifs engagés par notre pays et à servir le rayonnement du Royaume. - La réunion du bureau exécutif a également examiné les questions organisationnelles liées à la vie interne de la Fédération et de ses sections régionales, et a pris à leur sujet les décisions nécessaires. Elle a approuvé, par ailleurs, une série d’activités, ainsi que des programmes de formation et de rayonnement pour la période à venir, et a également approuvé la réponse à plusieurs invitations et partenariats reçus.
- Le bureau exécutif a approuvé le calendrier et la programmation des assemblées générales de certaines sections régionales, conformément aux statuts et règlements de la Fédération. Il a également approuvé la tenue, au mois de novembre, de la session ordinaire du Conseil national de la Fédération et le suivi de ses préparatifs, le lieu de sa tenue devant être fixé ultérieurement.
Casablanca, le 17-10-2025
Fédération Marocaine des Editeurs de Journaux
Le bureau exécutif
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