1er colloque International de la Commune d’Aït Taguella, Province d’Azilal

« Tourisme et régionalisation au Maroc : quelle articulation pour un développement territorial ? »

INTIFADA

Dans le cadre de l’ouverture de l’université sur son environnement externe et de sa volonté constante de contribuer aux dynamiques de développement des espaces fragiles, le Laboratoire d’Études et de Recherches sur les Ressources, la Mobilité et l’Attractivité (LERMA) de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Université Cadi Ayyad de Marrakech , a organisé le samedi 14 juin 2025, en partenariat avec la Commune d’Aït Taguella (Province d’Azilal), un colloque international sous le thème
.?« Tourisme et régionalisation au Maroc : quelle articulation pour un développement territorial »

Cette rencontre scientifique a été initiée par Mme Fatima GEBRATI, professeure de l’enseignement supérieur à l’Université Cadi Ayyad et coordinatrice du colloque, convaincue de la nécessité de renforcer l’ouverture de l’université sur son environnement et de faire de la recherche scientifique un levier central pour soutenir les efforts de développement territorial  durable, en particulier dans les zones de montagne à fortes spécificités environnementales, culturelles et économiques

Le colloque a réuni un ensemble de chercheurs, experts, acteurs institutionnels et représentants de la société civile qui ont enrichi les débats par des interventions scientifiques abordant    le thème sous divers angles

L’ouverture du forum a été marquée par une communication de M. Mustapha HASSANI, enseignant-chercheur en géographie, sur l’évolution historique des approches et stratégies touristiques au Maroc, mettant en avant les grandes transformations du secteur dans le contexte de la régionalisation avancée. Il a insisté sur le fait que la gouvernance territoriale du tourisme ne peut plus être perçue comme un simple modèle de gestion, mais qu’elle s’impose désormais comme une nécessité. Cette exigence découle de la transformation des relations entre la politique touristique et celle de la régionalisation, portée par quatre dynamiques majeures : le redéploiement de l’État, l’émergence de réseaux d’acteurs locaux et nationaux, la remise en question du paradigme technocratique, et le rôle stratégique du tourisme dans l’équilibre régional

De son côté, Mme Fatima GEBRATI a insisté sur le fait que l’articulation tourisme régionalisation ne relève pas d’un simple choix technique ou sectoriel, mais constitue une entrée stratégique pour la mise en œuvre d’un développement territorial équitable et durable. Elle a souligné la nécessité d’intégrer l’ensemble des acteurs, à tous les niveaux, à s’engager dans une gouvernance territoriale efficace, fondée sur la concertation et la durabilité, pour accompagner les ambitions du Maroc en matière de développement touristique intégré

Mme Wahiba MOUBCHIR professeure de l’enseignement supérieur a présenté une intervention sur le renforcement des compétences des acteurs pour un développement touristique intégré : cas de la province d’Azilal, insistant sur la nécessité de redéfinir les rôles de planification et de gestion entre les acteurs locaux et de leur fournir des outils juridiques et institutionnels favorisant leur autonomie

1Serge SCHMITZ (Université de Liège, Belgique) a analysé le rôle de la dimension socio-culturelle dans la formation de l’image des destinations touristiques, en prenant l’exemple des cascades d’Ouzoud. Il a montré que le touriste est souvent confronté à un écart entre l’image qu’il se fait de la destination et la réalité vécue

2Zakaria LAGHRIBE a mis en avant la contribution directe et indirecte du tourisme au développement économique et social des territoires, appelant à la mise en place de dispositifs d’observation pour anticiper les déséquilibres et les risques que soit leurs natures

3Mustapha ABOUDRAR a évoqué les défis du tourisme de montagne au Maroc (cas d’Ourika et Azzaden), dénonçant un modèle de développement saisonnier et désorganisé, sans vision stratégique durable

4Idriss AMHAOUCH et M. Yassine AÏT BILAL ont abordé le tourisme et le développement local dans les zones montagneuses d’Azilal, en soulignant les obstacles liés à l’infrastructure et à la faible coordination des acteurs.

5Mme Yasmine CHAKIR a traité du thème « régionalisation avancée et mobilisation communautaire pour le tourisme dans le Haut Atlas occidental », insistant sur la nécessité de renforcer la gouvernance locale et de bâtir un modèle de développement durable capable de résister aux catastrophes naturelles

:Principales recommandations du forum

Associer les populations locales à la conception, la mise en œuvre et la gestion des projets touristiques*

Valoriser la formation et les stages dans le domaine du tourisme pour les habitants des zones de montagne*

Mettre en avant les spécificités matérielles et immatérielles des territoires pour un accueil touristique de qualité*

Encourager l’architecture locale et dépasser la vision standardisée du bâti*

Renforcer le rôle des acteurs régionaux et locaux dans les instances existantes (CTP, CRT) et envisager des conseils locaux du tourisme (CTL)*

Créer un observatoire régional du tourisme*

Concevoir un laboratoire d’innovation touristique en partenariat avec l’université et les professionnels*

Mettre en place un espace de gouvernance touristique pour la coordination des acteurs régionaux*

Améliorer la compétitivité des produits touristiques locaux par des mécanismes de contrôle et de fidélisation des visiteurs*

Professionnaliser la gestion des établissements touristiques et encourager leur passage d’une gestion familiale à une gestion entrepreneuriale*

Créer des sentiers et activités diversifiés pour prolonger le séjour des visiteurs*

Œuvrer à faire d’Azilal et d’Ouzoud des destinations touristiques intégrées avec des produits complémentaires*

Développer un label touristique pour la région Béni Mellal-Khénifra et un autre pour Ouzoud*

Améliorer les infrastructures de base : signalisation, guides, accessibilité…

Exploiter les outils numériques pour promouvoir les différentes échelles territoriales*

Considérer le tourisme comme un secteur complémentaire et non exclusif, en l’articulant avec l’agriculture, l’élevage, l’artisanat, la construction et le commerce*

Prendre en compte la fragilité des bassins de montagne et éviter le tourisme intensif non maîtrisé*

Renforcer les capacités humaines et logistiques régionales pour une meilleure résilience face aux risques*

Étudier la perception des touristes sur place et en ligne (Google Maps, TripAdvisor), afin de corriger les dysfonctionnements et améliorer l’expérience*

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